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Homélie du père William

Homélie :

Frères et Sœurs, Aujourd’hui l’Evangile nous pose une question : qu’est-ce que cela veut dire « mettre la Parole en pratique » ? Le livre du Deutéronome et l’épître de saint Jacques nous invitent à accueillir la Parole dans nos cœurs, mais toujours avec l’impératif de la mettre en pratique, c’est-à-dire non pas simplement l’accueillir dans nos cœurs ou dans notre tête mais la mettre en œuvre à travers notre manière de vivre. Et pour cela, nous devons poser des actes, accomplir des gestes Tous ces préceptes reçus de la tradition des anciens ont bien été établis pour exprimer à un certain moment de l’histoire du peuple d’Israël ce que voulait dire « mettre en pratique la parole de Dieu ». Quelle est donc la faute, l’erreur, le glissement qui s’est introduit progressivement, pour aboutir à ce conflit que l’évangile nous rapporte entre les pharisiens et Jésus ? Que peut-on reprocher aux pharisiens ? Certainement pas leur désir très vif d’être le plus possible fidèles à la Loi ! Mais ce désir s’est exprimé et a pris forme dans une quantité de prescriptions -plus de 600- dont chacune d’entre elles sert de test. Mais, posons-nous la question, pour mesurer quoi ? La docilité à la Parole de Dieu ? Savoir si l’on est dans la pureté ou l’impureté ? L’Evangile veut simplement nous montrer comment progressivement, des pratiques tout à fait compréhensibles à un moment de l’histoire se sont progressivement substituées à la Parole de Dieu. D’ailleurs, ce que les pharisiens reprochent aux disciples ce n’est pas d’être infidèles à la parole de Dieu, c’est d’être infidèles à la « tradition des anciens ». Comme si progressivement cette tradition était devenue le fondement de la fidélité à Dieu à la place de sa propre parole. Il nous arrive à nous aussi de juger de l’extérieur le cœur de nos semblables, simplement parce qu’ils ne sont pas conformes à notre manière de comprendre la tradition ou parce que la tradition nous gêne ou ne correspond pas à notre sensibilité. La fidélité à Dieu ne se réduit pas à une série de gestes mais elle passe aussi par des gestes très concrets. Jésus veut nous rappeler que ce qui donne le sens de l’existence c’est l’orientation du cœur. C’est du dedans de l’homme que viennent le bien et le mal ! Ce n’est pas de l’extérieur ! Evidemment, il ne faut pas accorder plus d’importance à ce qui vient du dehors qu’à ce qui vient du dedans, comme si c’était le monde qui conduisait notre vie ou la déterminait, alors que c’est notre liberté qui donne sens au monde. Le malheur n’est pas dans les choses, il est dans le cœur. Vouloir que l’extérieur conditionne notre fidélité à Dieu, c’est renoncer à sa Parole qui doit être le fondement de notre vie. Dans nos liturgies, nous voyons bien comment des traditions ou des comportements perdent leur sens dès l’instant où l’on ne sait plus pourquoi on les accomplit. On peut faire un signe de croix qui n’a aucun sens. Tous les gestes que nous faisons dans la prière n’ont pas de sens en eux-mêmes. Ils ont un sens parce qu’ils expriment ce que nous essayons maladroitement de dire à Dieu à travers notre prière, et c’est ce dynamisme de notre cœur qui leur donne du sens. Il ne faut pas que nos actions quotidiennes deviennent plus importantes que l’amour qu’elles doivent exprimer. Sur la feuille de quinzaine, le père Frédéric nous donne des explications très intéressantes sur les signes de la liturgie, je vous invite à les lire. Par exemple, cette quinzaine, il explique le sens de la procession d’entrée : « la procession d’entrée a une signification magnifique : l’assemblée accueille le Christ lui-même, représenté par le célébrant. » Saviez-vous que la procession d’entrée permet à l’Assemblée d’accueillir le Christ lui-même. Qu’est-ce que cette procession est importante ! Et lorsqu’il y a des enfants de Chœur, il précède le célébrant comme pour dire accueillez le Christ comme des enfants…. Et dans cette procession, on porte l’encens, la croix, les chandeliers, l’évangéliaire, comme pour annoncer l’entrée du Christ … Chers amis, apprenez la beauté des gestes de la liturgie. Soyez exigeants avec vos prêtres pour demander des explications claires et précises sur tous les gestes de la liturgie. Pour revenir à l’Evangile, qui nous invite à lier l’accueil de la Parole de Dieu et la mise en pratique, je pense à une parole de Mère Térésa qui résume cela de façon admirable. Cette phrase m’a été rappelée lorsque j’ai dit au revoir aux jeunes lycéens à la messe du Sacré-Cœur. C’est une parole qui m’a beaucoup touché : « Au milieu de vous, je n’ai été qu’un minuscule crayon dans la main de Dieu. II écrit Sa lettre d’amour au monde à travers nos actions. ». Au moment de vous quitter, je voudrais vous laisser cette parole. J’ai essayé de n’être qu’un minuscule crayon, stylo dans la main de Dieu pour lui permettre d’écrire son amour. C’est une belle aventure, c’est bien notre vocation de prêtre, que de permettre aux personnes de pouvoir écrire l’amour de Dieu par toute leur vie. Et c’est le souhait que je voudrais vous laisser : soyez ces stylos qui permettent à Dieu d’écrire son amour dans les cœurs, le cœur des enfants, le cœur des jeunes, le cœur des parents, des malades, le cœur des non croyants, le cœur de ceux qui cherchent. Restez bien dans la main de Dieu. Je dis bien, restez dans la main de Dieu, cette main qui élève, qui pardonne, qui guérit, qui humanise. Oui, restez bien dans la main de Dieu. Cela veut dire qu’il ne faut pas d’abord réaliser notre œuvre, mais la sienne. La paroisse ne pourra jamais écrire une histoire, sa mission, si elle ne reste pas dans la main de Dieu. Pour cela, je vous invite à entrer dans une prière encore plus fervente, c’est un essentiel. Quelle grâce que ces temps d’adoration, que ces groupes de prière, que ces temps de célébration. Et bien blotti dans cette main, soyez ces petits crayons qui écrivent son amour. Ensuite, agissez, agissez et ne vous lassez pas de faire le bien ! Pour ma part, j’ai bien conscience que je n’ai toujours été à la hauteur de ma mission, que j’ai échappé à la main de Dieu et donc que je ne lui ai pas toujours permis d’écrire son amour. J’ai voulu parfois écrire tout seul et je n’ai fait que des taches !!!. Je vous en demande sincèrement pardon. Mais je veux surtout rendre grâce pour tout ce que j’ai vu dans la paroisse, cette si belle paroisse qui a un potentiel formidable et qui ne demande qu’à se développer. Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de joie à vivre ces deux ans ici, même si cela n’a pas toujours été facile pour moi. Je rends grâce pour la vie fraternelle avec le père Frédéric et les autres prêtres, pour l’engagement de tant de laïcs, pour la catéchèse (écoles qui m’ont accueilli), pour les rencontres avec les jeunes des collèges et des lycées (expérience riche à Marius Bouvier). Je rends grâce pour la présence des servants d’autel et de l’assemblée, pour tous ceux qui s’engagent pour que les liturgies soient belles et solennelles, pour les préparations au baptême et au mariage, pour ceux qui donnent beaucoup de temps à la préparation des obsèques, pour la pastorale des malades et des personnes qui ont un handicap, ceux qui ont cette belle mission d’être le visage accueillant de Jésus dans la paroisse. Je rends grâce pour l’école de prière. Que cette action de grâce vous redise toute ma reconnaissance, mais qu’elle soit aussi un puissant encouragement à être des évangélisateurs, des priants, des personnes qui sachent accueillir, réconforter. Oui, que nous soyons tous des petits crayons dans la main de Dieu, pour qu’il puisse écrire lui-même son amour dans les cœurs. Amen.

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